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Casamance : les jeunes invités à refuser de collaborer avec "les fossoyeurs de la paix"

Ziguinchor, 11 mai (APS) - Le directeur des Œuvres du diocèse de Ziguinchor (sud), l'abbé Kantoussan Samson, a invité, samedi, les jeunes de la Casamance à refuser toute collaboration avec "les fossoyeurs de paix" dans cette région du sud du pays confronté aux conséquences d’une rébellion armée déclenchée il y a plus de 30 ans.
"Ce pays (le Sénégal) vous appartient. Ou vous vous sauverez avec ce pays ou vous périrez avec ce pays.

Soyez donc vigilants et soyez les sentinelles de la paix en Casamance et au Sénégal. Refusez de collaborer avec les fossoyeurs de la paix'', a-t-il lancé aux jeunes.
Le religieux s'exprimait à l'occasion de la cérémonie d'installation de l'antenne régionale du Réseau national des jeunes pour la paix en Casamance (RENAPEC), un projet initié par la Jeunesse étudiante catholique du Sénégal (JEC), en collaboration avec le Programme gouvernance et paix de l'USAID-/PGP.
L'abbé Kantoussan a appelé les jeunes à dénoncer "les actes des fossoyeurs de la paix". Il leur a dit qu'ils seraient ainsi "les vrais artisans de la paix'' pour leur bonheur personnel et leur épanouissement.

"Le véritable combat pour la paix aujourd'hui, c'est de dénoncer les fossoyeurs de la paix en Casamance et au Sénégal. Les fossoyeurs de la paix, sont dans l'armée (…), dans nos écoles. Ils sont dans nos sociétés. Ils sont dans nos ONG. Ils sont partout", a insisté l'abbé.

Selon lui, si depuis 30 ans, "tous les beaux discours" n'ont abouti à rien de concret, "c'est parce qu'il y a des fossoyeurs qui réfléchissent en même temps que chacun de nous".

"Dans ce travail ardu de recherche de la paix en Casamance (…), beaucoup travaillent pour leurs propres intérêts au lieu de le faire pour l'intérêt du peuple. Beaucoup font semblant de travailler pour la recherche de la paix, mais en vérité, ils travaillent à activer le conflit pour une raison ou pour une autre", a dénoncé le directeur des Œuvres du diocèse de Ziguinchor.

Selon lui, ces raisons peuvent être d'ordre politique, social, professionnel ou économique. Il a invité les jeunes à être conscients de cela, parce que, a-t-il estimé, "la paix est le bien suprême" qu'ils doivent contribuer à ramener en Casamance.

"C'est pourquoi, lorsque vous rencontrez quelqu'un qui ose un moindre geste en défaveur de la paix, soyez véritablement virulents avec cette personne-la et dénoncez-la", a-t-il dit.
A la suite de l'abbé Kantoussan, Marius Bassène, le chef de cabinet du ministre de la Jeunesse, de l'Emploi et de la Promotion civique, a invité les jeunes à porter ce message au sein des familles.

"La seule chose qui reste, c'est d'agir partout où vous êtes. Vous devrez être les sentinelles, les protecteurs et les gardiens de la paix en Casamance. Des gens se sont enrichis au détriment de ce conflit et de la jeunesse casamançaise", a-t-il poursuivi.
L'inspecteur régional de la Jeunesse, Samba Gaye, a lui plaidé pour un renforcement des capacités des jeunes dans le domaine de la communication non violente, dans le but de les armer pour leurs interventions Casamance
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Laurent Mendy, le responsable régional de la Jeunesse étudiante catholique (JEC), a rappelé que l'idée de mettre en place le RENAPEC est le fruit des réflexions du forum des leaders estudiantins et femmes de Casamance, tenu en juillet dernier à l'université de Ziguinchor.

Il s'agissait, à travers cette initiative, de travailler à la création d'un élan national des jeunes des différentes régions du pays, en collaboration avec les leaders religieux, les autorités politiques, administratives, les collectivités locales, ONG et partenaires, en faveur du retour de la paix en Casamance.

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